jeudi 22 décembre 2011

Happy Holidays!

Les fêtes de fin d’année approchant, me voilà de retour en France pour quelques semaines, ce qui explique le ralentissement de mes publications.

Ce court message pour souhaiter à toutes et tous d’excellentes fêtes de fin d’année et de bonnes dégustations !


Souvenirs de Champagne - Hiver 2010

Rendez-vous en 2012 pour une année viti-vinicole que j'espère pleine de surprises !

jeudi 15 décembre 2011

Penser le vin au verre autrement !

Comme il est possible de l’appréhender au quotidien, le vin aux Etats-Unis ne cesse de se démocratiser. Il est ainsi pour beaucoup une boisson jeune, tendance, permettant de se mettre en valeur et de se distinguer. Il ne se consomme pas ou plus nécessairement au cours d’un repas et c’est ainsi qu’il a fait son entrée dans les bars où cocktails et bières dominaient jusqu’alors.

Pour répondre à ce nouveau mode de consommation, de nombreux concepts de bars à vins ont fleuri ces dernières années et avec eux les programmes de vins au verre, comme on en retrouve également en restauration traditionnelle. Que le choix proposé y soit large ou limité on attendra de ces vins qu’ils soient irréprochables. Malheureusement, les conditions de conservation et de préservation des bouteilles de vins destinées au service au verre ne sont bien souvent pas idéales.

C’est ainsi que des systèmes comme le Vin au Verre d’EuroCave ou encore le Wine Saver Pro, distribué par The Wine Appreciation Guild, ont vu le jour permettant de préserver des bouteilles de vins ouvertes pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines.
        Vin au Verre EuroCave                                       Wine Saver Pro

Better Barrel
Dans le même esprit, et après le « Barrel-to-Barrel » développé par le groupe Boisset pour certains vins de ses domaines de Californie, que nous avions évoqué dans « Le vin se met en boîte ou en poche », « Better Barrel » a été lancé. Pour en comprendre le fonctionnement, je vous propose la vidéo qui a servi à son introduction à San Francisco en février dernier. Pour la découvrir, cliquez-ici !


Depuis d’autres sociétés ont été plus loin en reprenant le même système que celui utilisé dans le service des bières pression mais adapté au vin.
Vintap

Ainsi depuis 2010, Silvertap, au travers de sa filiale Free Flow Wines et grâce à un partenariat de choix avec Micromatic, s’est spécialisée dans la production de vins servis au verre en reprenant ce système. Dans la même lignée on retrouve également Vintap ou encore N2 Wines, deux autres sociétés californiennes, spécialisées dans ce même type d’offre.

Toutes ces solutions présentent de nombreux avantages pour les professionnels détenteurs comme, la réduction des conditionnements, d’espaces de stockage, mais aussi de temps, les vins étant prêts à être servis.
Du côté des consommateurs, il est désormais possible d’apprécier un verre de vin à sa juste valeur et de varier les plaisirs. De même, en comparaison du prix de vente à la bouteille, celui du verre est ici incitatif tout en encourageant à la modération de sa consommation. 
Ces solutions sont également les plus écologiques du moment, à privilégier pour des vins jeunes, prêts à consommer.

Positionnés au côté des traditionnelles bières, ces solutions peuvent être à envisager pour introduire son vin, par un concept original, qui le rend encore plus accessible et dont les nombreux bénéfices n’ont certainement pas fini de séduire !

jeudi 1 décembre 2011

Livermore Valley : une région viticole qui vaut le détour !

Lorsque l’on évoque le vignoble de Californie, les premières régions qui nous viennent à l’esprit sont, bien souvent, celles de Napa, Sonoma et on en oublierait presque celles de la baie de San Francisco.

Pourtant au même titre que le vignoble de la Sierra Foothills, Livermore Valley mérite le détour.

Située à moins d’une heure de San Francisco, elle est l’une des plus vieilles régions viticoles de Californie et joua un rôle important dans la reconnaissance de l’industrie du vin de cet Etat. Les missionnaires espagnols y plantèrent les premières vignes dans les années 1760. Des pionniers comme C.H. Wente, James Concannon ou encore Charles Wetmore reconnurent le potentiel de cette région et y fondèrent leurs domaines respectifs dans les années 1880. Avant même le Jugement de Paris, ces vins ont été récompensés lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1889.
Cette région fut également la première à mettre en bouteille des vins de cépage Chardonnay, Sauvignon Blanc et Petite Syrah.

Aujourd’hui, plus de 40 domaines y sont établis sur plus de 2 000 hectares soit un peu plus de 1% de la superficie du vignoble californien en production.

Fondé en 1883, Wente Vineyards est le plus ancien de Californie dont l’activité a été continue et la gestion encore familiale. Outre ses vins de marque propre issus de cépages français et allemand, le groupe Wente Family Estates est aussi propriétaire de Murrieta’s Well, site historique, dont la production est dédiée aux vins de cépages originaires d’Espagne et du Portugal, notamment. Wente c'est aussi Tamas Estates qui se consacre aux variétés italiennes. Ce domaine joue davantage sur la modernité et produit des vins accessibles, faciles pour une cible que l'on imagine jeune. 
Très intéressant de découvrir, à la suite, ces différents domaines à l’identité bien marquée.

The Wine Group, challenger de taille mais discret sur le marché américain a également élu domicile dans cette région avec le rachat en 2002 de Concannon Vineyard. Au côté de ce domaine se trouve Underdog Wine Merchant, négociant, développeur de marques innovantes et jeunes dont le bar à vin propose plus de 50 vins au verre. Il est même possible de composer sa propre planche de dégustation pouvant être accompagnée d'un large choix de petites bouchées à partager.

Livermore Valley, région viticole riche aux portes de la baie de San Francisco, offre de belles surprises pour ceux qui en ont le temps et est une alternative intéressante pour ceux qui seraient « lassés » de la seconde destination touristique de Californie après Disneyland !

mercredi 23 novembre 2011

Des vins au chocolat...

Véritable créateur de phénomènes et de tendances, le marché américain du vin n’a décidément pas fini de nous surprendre.
Beaucoup s’accorderont sur l’accord parfait que peut représenter un vin fortifié ou de dessert avec le chocolat. C’est ainsi qu’une nouvelle catégorie de boisson est née : celle des vins au chocolat ! 

Le succès rencontré par la gamme ChocoVine, développée en 2008 par la société Clever Imports basée en Floride, est assez surprenant. Je vous propose cette vidéo qui vous permettra de comprendre l’ampleur du phénomène.



Produite aux Pays-Bas, cette boisson, destinée au marché américain, associe vin de cépage Cabernet-Sauvignon et chocolat. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 080 000 bouteilles vendues en 2009, 5 400 000 en 2010 et l’objectif est d’atteindre les 12 000 000 cette année via un partenariat de distribution avec The Wine Group, qui se positionne en challenger sur le marché des vins aux Etats-Unis. Cette boisson, qui reste dans la catégorie des vins, semble donc faire l’unanimité auprès de consommateurs qui n’appréciaient pas forcément le vin jusqu’alors. Face à ce succès imprévisible, d’autres sociétés ont donc pris le train en marche pour développer des produits similaires, dont voici quelques exemples : 

Chocolais de NedBev Imports

Choco Noir de Premium Blend

Cocoa di Vine d’ Opici Wines


Après un partenariat avec le groupe Mars et sa marque de chocolat Dove en 2009 et 2010, c’est aujourd’hui au tour du leader E & J Gallo de tirer profit de ce créneau porteur. 
Ils viennent de mettre en ligne leur site d'une boisson associant chocolat et vin, nommée ChocolatRouge.


Après dégustation, ces boissons ont effectivement un arôme de chocolat auquel a été ajouté de l’alcool, quel que soit son origine. Cela me rappelle ces boissons prêtes à boire de notre enfance mais mixées à de l’alcool. Du chocolat à boire pour adultes en quelque sorte !

Mais alors est-il acceptable d’employer le terme « vin » pour ces boissons, sucrées, aux couleurs et aux arômes artificiels, où on n’en retrouve aucune caractéristique gustative et visuelle ? 
L’objectif est-il d’attirer les jeunes vers le vin ou vers les cocktails et autres "premix", d’autant que ces boissons ne reprennent aucun code associé à l’univers vin ? 

jeudi 17 novembre 2011

Le Beaujolais Nouveau est arrivé !

Depuis 1951, suite à un décret autorisant la commercialisation des vins primeurs à la mi-novembre, le Beaujolais Nouveau est né !

Il célèbre donc, cette année, ses 60 ans et, en ce troisième jeudi du mois de novembre, il sera à l’honneur dans le monde entier. L’export représente en effet plus de 40% de ses débouchés.
Le Japon reste, incontestablement, son premier marché d’exportation où 7 millions de bouteilles s’y sont écoulées l’an passé. Il est suivi par les Etats-Unis (2,4 millions de bouteilles) et par l’Allemagne (1,2 millions de bouteilles).

Souvent critiqué pour sa qualité parfois incertaine, dont ont souffert les dix crus de garde du Beaujolais, des efforts ont été faits depuis pour bonifier ce vin nouveau. 
Avec sa campagne Collection Automne 2011, sa présence sur les réseaux sociaux, son application mobile, notamment, il se veut jeune, convivial, plaisir et festif !

Cet évènement planétaire est aussi une bonne occasion de rappeler que le Beaujolais ne s’arrête pas au « Nouveau ». C’est en effet douze appellations, dont dix crus (Chiroubles, Fleurie, Saint-Amour, Brouilly, Côte de Brouilly, Juliénas, Régnié, Chénas, Morgon et Moulin-à-Vent), des Beaujolais et Beaujolais-Villages, produisant des vins à forte personnalité qui valent le détour !  

jeudi 10 novembre 2011

« LoCa » : Lodi sur le devant de la scène !

Au travers de notre cher « Paso Man », faisant la promotion de l’appellation Paso Robles en Central Coast, nous avions pu voir que les interprofessions de Californie ne manquent pas d’imagination, d’originalité et d’audace pour faire connaître leurs régions et leurs appellations.

Depuis le 19 octobre dernier c’est au tour de Lodi, unique American Viticultural Area de vallée centrale, de se mettre en avant.
Sa campagne LoCa, pour Lodi, California que l’on peut aussi traduire de l’espagnol "loca" pour "folle", souhaite montrer toute la passion, le plaisir qu'ont ses domaines à produire les vins de cette région encore confidentielle de Californie.


Alors qu’en France viennent d’être lancées des campagnes de communication où le vin est suggéré par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (C.I.V.B) dont le slogan "Bordeaux, des vins, un style" vise ses marchés prioritaires de France, Belgique, Allemagne, États-Unis, Chine et Japon :
ou portent les valeurs de "modernité/tradition, accessibilité/rareté, simplicité/complexité" pour  le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (B.I.V.B), dont la campagne "Petit Vignoble, Grandes Ambitions" déclinée pour les vins rouges, blancs, crémants est destinée au marché français :




on peut remarquer le dynamisme et la vitalité de celles de Californie qui, plutôt que de suggérer, cherchent à séduire les consommateurs et les amener au vin en le présentant comme une boisson accessible, plaisir, jeune et tendance !

A l’heure où la France reste en première position mondiale en terme de production de vins, ses interprofessions, malgré les restrictions liées à la Loi Evin, ne devraient-elles pas faire preuve d'un peu plus d'agressivité afin de retrouver des consommateurs perdus et en conquérir de nouveaux ? 

jeudi 3 novembre 2011

La génération "Millennial" sait ce qu'elle veut !

La génération « Millennial », compte tenu du potentiel qu’elle représente, est, aux Etats-Unis, une tranche de la population qui est scrutée à la loupe par l’industrie du vin.


En attendant la prochaine NextGen Wine Competition qui lui est dédiée, je vous propose cette vidéo réalisée par le magazine Vineyard & Winery Management qui vient d’être mise en ligne.

Millennials Talk Back from Vineyard & Winery Management on Vimeo.


Ainsi, comme nous l’appréhendons au quotidien, on retrouve cette génération totalement décomplexée par rapport au vin. Elle le voit comme une expérience, cherche la diversité et fuit les standards.
Elle recherche aussi un vin qui lui raconte une histoire, qu’elle y soit associée pour ensuite le faire partager au travers d’Internet et des réseaux sociaux. Le vin est bien ici vu comme une boisson d’échange, de partage, qui devient privilégiée par la majorité. Le vin est un produit vivant et sa connaissance naissante ne demande qu’à être enrichie lors de dégustations aux domaines, notamment.

Tout va très vite aux Etats-Unis et il est certain que les domaines viticoles vont continuer à se montrer aux petits soins pour assouvir les attentes de cette génération qui sait ce qu'elle veut !

lundi 31 octobre 2011

Le vin se déguise pour Halloween !

Aujourd’hui, 31 octobre, est la fête d’Halloween. Célébrée chaque année à la veille de la Toussaint, dont elle tire son nom, elle est originaire des îles britanniques et est observée dans de nombreux pays dont l’Irlande, l’Ecosse, le Canada, l’Australie, la Grande-Bretagne et bien sûr aux Etats-Unis.
Cette fête rime avec déguisements, décorations tournant autour des têtes de morts, fantômes, squelettes, sorcières, pour n’en citer que quelques uns.

Ces thèmes sont également largement exploités par l’industrie du vin et en Californie, notamment, dont voici un petit échantillon.

River of Skulls by Twisted Oak Winery ; Phantom by Bogle Vineyards ; Poizin  by Armida Winery ; Zombie Zin by Chateau Diana Winery ; Dearly Beloved Forever by HDD LLC ; The Big Red Monster by Big Red Productions ; Trublood, Chateau du Vampire, Dracula, Vampire by Vampire Vineyards 


Comme il est possible de l’appréhender au quotidien, tout est ici bon pour faire venir les consommateurs au vin. Ces habillages chocs ne passeront certainement pas inaperçus en ce jour ! 

jeudi 27 octobre 2011

"Il n'est de champagne qu'en Champagne" !

Ce 28 octobre, une semaine seulement après le sixième anniversaire de la signature de la « Joint Declaration to Protect Wine Place & Origin » et pour la deuxième année consécutive est la journée mondiale du champagne. Les amateurs de vins du monde entier célébreront ainsi l’authentique champagne, en le partageant au travers des réseaux sociaux, afin de continuer à sensibiliser sur la nécessité d’en protéger le nom.


Originaire de Champagne, vivant aujourd’hui aux Etats-Unis, où la tendance est encore à l'usurpation de cette appellation, je me devais de vous en parler !

De retour d’une journée dans le vignoble de Sonoma où je me suis volontairement rendue au domaine Korbel, spécialisé dans les vins effervescents, voici la preuve en image qu'il reste encore du chemin à parcourir pour que l'appellation Champagne soit protégée et respectée dans le monde et que seuls les champagnes de la région Champagne en France en portent le nom !

Cette journée est ainsi une belle occasion de le rappeler et de célébrer ce vin qui peut être dégusté à toutes occasions !


Il n'est de champagne qu'en Champagne - France
Champagne only comes from the Champagne region in France

lundi 24 octobre 2011

Californie : l'étiquetage des vins dans tous ses états !

Il semblerait qu’elle soit passée inaperçue, pourtant mercredi 19 octobre dernier était une date importante pour le monde du vin aux Etats-Unis où, comme nous avons déjà pu l’aborder, l’usurpation des appellations d’origine est loin d’être révolue.

Cette date a en effet marqué le sixième anniversaire de la signature de la « Joint Declaration to Protect Wine Place & Origin » et de l’engagement pris, à ce jour, par 15 régions de production dans le monde pour protéger l'origine de leurs appellations et la dénomination géographique de leurs vins.

Ainsi, les représentants des régions de Champagne, Jerez, Napa Valley, Oregon, Porto, Washington
State, Walla Walla Valley, Chianti Classico, Paso Robles, Sonoma County, Tokaj, Victoria, Western Australia, Long Island et Rioja se sont réunis à New-York afin de renouveler cet accord reconnaissant les noms géographiques comme éléments fondamentaux pour les consommateurs dans l’identification de l’origine des régions de production et de leurs vins. Elles se sont également engagées à travailler conjointement à l’éducation du public afin de s’assurer que ces noms soient protégés et respectés et que l’étiquetage d’une bouteille de vin soit ainsi le reflet de ce qu’elle contient.



Cette même semaine, sur le blog Dr Vino, nous apprenions que le domaine Sea Smoke, situé sur l’American Viticultural Area Santa Rita Hills dans le Comté de Santa Barbara, intégrait à l’étiquette de ses vins du millésime 2009 la mention « California Grand Cru ».

L’actualité vitivinicole est parfois étrange comme vous pouvez le constater.

Bien sûr cette mention, comme celle de Réserve ou d’autres, ne fait pas partie de l’accord signé entre l'Union Européenne et les Etats-Unis en 2006 et il ne s’agit pas non plus d’une segmentation réglementée en Californie, mais tout de même. 

Cette intégration, purement marketing, faisant suite à un commentaire de James Laube du Wine Spectator en 2008, est tout de même osée, d’autant que sur le site même de ce domaine il est question de « Location, Location, Location » !


Qu’est ce que cette mention représente pour les vins de Californie, en ont-ils besoin ? De même, que représente-t-elle pour les consommateurs, n’est-ce pas leur amener un peu plus de confusion ? Quelle sera la réaction des régions d’Alsace, de Champagne, de Bordeaux ou encore de Bourgogne ? Comment réagiraient les californiens si l’Europe se mettait à produire des vins d’appellations Santa Rita Hills ou Lodi, par exemple ?
Peut-être comprendraient-ils davantage l’importance de la protection et du respect des noms d’appellations d’origines des vins et les régions seraient encore plus nombreuses à  rejoindre ce mouvement comme je vous y invite en cliquant ici !

Dans tous les cas, certainement que Sea Smoke repensera son habillage lors de la sortie de son millésime 2010 !

mardi 18 octobre 2011

De la vigne au verre : le vin se met au vert !

Au cours de ces dernières années, diminuer l’impact de son activité sur l’environnement est devenu une préoccupation majeure et la filière vin n’en fait pas exception.

Nous avons pu voir que du côté des producteurs de vins aux Etats-Unis, les engagements pris en faveur d’une viticulture durable, d’une production de vins plus naturels et d’une utilisation de conditionnements respectueux de l’environnement sont croissants.
Du côté des consommateurs, ces nombreuses démarches ne sont pas passées inaperçues. Ils sont de plus en plus nombreux à plébisciter ce type de produits.

Peut-on aller plus loin dans cette approche ?


A l’initiative de Chris et Natalie Large, deux natifs de l’Etat d’Oklahoma, ecoVINO lancé en 2010, va ainsi plus loin.

Il s’agit d’un vin certifié 100% biologique, issu de raisins provenant du Comté de Mendocino en Californie, considérée comme la région viticole américaine la plus « verte ».

Ce vin est ensuite conditionné en AstraPouch, vue actuellement comme une solution packaging plus écologique. 

En plus de ses nombreux avantages environnementaux, ce conditionnement permet de se démarquer dans les linéaires vins, grâce à une surface d'expression disponible quasiment totale, permettant de mettre pleinement en valeur une marque. 

D’autres entreprises ont été également séduites par ce contenant, comme le groupe Constellation, avec sa marque Bud Naked lancée en Australie, ou encore Clif Family Winery en vallée de Napa, et sa marque The Climber, dont voici la vidéo de lancement, permettant d'en apprécier tous les bénéfices.




Ainsi de la vigne au verre, le cycle de production des vins de cépage ecoVINO semble être un sans faute.


About ecoVINO

Son slogan est d’ailleurs sans équivoque : "Organic Wine + EcoFriendly Packaging = Planet Positive"

Enfin, il s’est fait le partenaire de la chaîne de supermarchés Trader Joe’s qui sont loin d’être des magasins d’alimentation ordinaires. Ils offrent à leur clientèle des aliments haut de gamme, naturels ("All Products In The Trader Joe's Label Promise: NO artificial flavors, colors or preservatives, NO MSG, NO genetically modified ingredients, NO added Trans Fats"), à des prix justes pour le consommateur et équitables pour le producteur.

Il est bien évident que ce type de vin répond à une cible et à des moments de consommation particuliers. Néanmoins, cet exemple nous montre que rien ne doit être négligé dans le lancement d’un nouveau produit tant du côté de sa production, de son conditionnement que du choix du point de vente. Tous les maillons de la chaîne sont ici intégrés pour acheminer ces vins respectueux de l’environnement à l’excellent rapport qualité-prix  ($9.99 les 1.5 L) aux consommateurs. 


Est-ce qu'à cette image, d'autres intervenants, soucieux de l'environnement, s'engageront dans une démarche globale, plutôt que limitée à un élément de la chaîne de production ?

lundi 10 octobre 2011

Lodi’s Treasure Island Wine Fest : les vins de Lodi à l'honneur !

Dans la continuité du ZinFest, festival qui se tient tous les ans au mois de mai à Lodi pour célébrer un des cépages identitaires du vignoble de Californie qu’est le Zinfandel, devait être celui de Taste of Lodi. Malheureusement, du fait d’une vendange tardive cette année, celui-ci a dû être annulé.


Cela m’a ainsi donné l’occasion, samedi 8 octobre dernier, de découvrir le Lodi’s Treasure Island Wine Fest. Pour la troisième année consécutive, les vins de Lodi sont ainsi célébrés sur cette île artificielle qui offre une vue imprenable sur San Francisco et sa baie.



C’est dans ce superbe cadre, digne des plus belles cartes postales, que se sont réunis plus de 45 domaines de Lodi, proposant à la dégustation plus de 170 vins de cette appellation, unique American Viticultural Area (AVA) de la vallée centrale. Des fromages d’artisans, huiles d’olive et un buffet bien garni, fourni par le Wine Valley Catering, étaient également disponibles pour compléter l’expérience.


De mon point de vue, ce n’est certainement pas un évènement propice aux échanges, mais plutôt une belle occasion de promouvoir le vin et de permettre à une appellation, encore confidentielle, de sortir de l'ombre, auprès de citadins, davantage tournés vers les vignobles du Nord (Napa et Sonoma), plus proches géographiquement. 

Compte tenu du nombre important de participants, venus ce jour là pour prendre du bon temps, il ne fait aucun doute que le vin n’a pas fini de convertir des consommateurs, encore en phase de découverte, sur un marché qui connaît une croissance très rapide et qui n'a certainement pas fini de révéler tout son potentiel ! 

jeudi 6 octobre 2011

Les américains ont soif de Malbec

Depuis quelques années, les vins de cépage Malbec, connaissent aux Etats-Unis un réel succès.

Du Malbec, oui mais d’Argentine !

En se basant sur les statistiques de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), l’Argentine est le cinquième pays producteur de vin au monde. Selon des données encore provisoires, sa production de vin en 2010 s’est élevée à environ 26 millions d’hectolitres dont seuls 37% sont consommés sur le marché intérieur. D’où la nécessité de trouver des débouchés à l’export et c’est ce qui semble être chose faite. 

Malbec World Day - Wines of Argentina
Selon l’Instituto Nacional de Vitivinicultura, les Etats-Unis sont ainsi le premier marché export de l’Argentine où se sont écoulées 83 400 000 bouteilles en 2010, une progression de plus de 19% par rapport à l’année précédente. Celle-ci se confirme déjà sur les trois premiers mois de cette année (+7% par rapport à l’an passé sur la même période). Cette croissance est largement imputable aux vins de cépage Malbec qui représentent 47% des volumes exportés sur ce marché, soit plus de 39 millions de bouteilles.

Wines of Argentina, organisme en charge de promouvoir les vins argentins au niveau international, compte bien tirer profit de cette incroyable réussite export et est ainsi à l’origine de la Journée Mondiale du Malbec qui a été instaurée depuis cette année, le 17 avril.


Le leader E & J Gallo ou encore l’importateur Frederick Wildman & Sons surfent également sur cette vague qui ne semble pas prête de s’essouffler avec  leurs marques importées d’Argentine Alamos et Trapiche, toutes deux récompensées « Impact Hot Brands » en 2010.

Pourtant, « Boom Varietal : the rise of Argentine Malbec », documentaire dont la première diffusion est ce vendredi 7 octobre lors du huitième festival du film de Bend en Oregon, s’interroge sur la longévité de cette croissance, en voici un petit aperçu.



Convaincu que le Malbec est originaire d’Argentine, les américains le sont et Wines of Argentina, dans sa présentation de ce cépage, n’en fait aucun doute, lisez plutôt :

“Though originally from France, Malbec never found in its native land the ideal soil conditions that are present in Argentina at the foot of the Andes or in the desert oases of Rio Negro, in Patagonia. In fact, this variety was only used in France to enhance the color of red wines. It is called “the black grape” in many parts of the world because the bright purple color of its youth turns almost black as it ripens. (…)”

“Le malbec n’est pas un cépage originaire d'Argentine : il vient plutôt de France, sauf qu'il ne s’est jamais développé dans ce pays, où les conditions n'y sont pas propices ; on ne l'a utilisé que comme « colorant », pour accentuer la teinte de certains vins. Par contre, en Argentine – au pied des Andes, dans les vergers-déserts de la province de Río Negro et en Patagonie –, les conditions sont idéales pour sa culture. (…)”


Mais alors, il n’est de Malbec qu’en Argentine ?

UIVC
Pourtant l’origine du cépage Malbec est bien française et sa production y est historique et ce dès l’Antiquité dans la région de Cahors. 
Surnommé "The French Malbec", le Cahors se remet à conquérir les marchés étrangers. Avec  10 % de la superficie mondiale plantée en Malbec, ce qui en fait le second producteur après l’Argentine, Cahors a ainsi vu ses exportations progresser de 20,3% en volume et de 19,5% en valeur en 2010 mais rencontre encore des difficultés sur le marché américain.

Les vins de Cahors, contenant un minimum de 70% de Malbec, sont en tous les cas bien décidés à tirer profit du succès de leurs homologues argentins sur ce marché en jouant la carte cépage mais surtout sur la notion d’un terroir unique avec un positionnement plus haut de gamme et donc complémentaire des vins de Malbec déjà disponibles.

Ainsi l’Union Interprofessionnelle des vins de Cahors (UIVC), interprofession de l’appellation, est beaucoup plus fair-play que son « cousin » argentin :

“(…) In addition,thanks to their differences, the wines of Cahors and of Argentina, essentially made from Malbec, complement one another, depending upon the drinking occasion or the type of consumer. (…)”
“ (…) En outre, par leurs différences, les vins de Cahors et d’Argentine élaborés à base de Malbec ne se concurrencent pas mais se complètent selon les occasions de consommation ou les types de consommateurs. (…)”

French Malbec


Le dynamisme de cette interprofession, qui ne cesse de multiplier les actions de promotion, comme l’organisation des Journées Internationales du Malbec à Cahors depuis 2008 qui ont lieu tous les deux ans, continuera t-il à donner raison aux vins de Cahors sur les marchés exports et réussite sur le marché américain ? Arrivera t-il à faire comprendre à ces consommateurs, où la mention du cépage est primordiale, son positionnement d’appellation au travers de sa campagne “Cahors is back, Cahors is black, Cahors is Malbec !” ?





En attendant d’en savoir davantage, je vous propose ce film court, « The Scent of Black », réalisé à la demande de l’interprofession des vins de Cahors afin de mettre en valeur cette région et ses vins qui ont, de mon point de vue, toute leur place et doivent sortir de l’ombre !


Cela montre bien qu’un même cépage peut produire des vins différents et trouver toute sa place auprès de consommateurs américains en quête constante de nouveauté et parcourant le monde à travers le vin.


Après s’être pris d’affection pour les vins de cépage Malbec d’Argentine, se tourneront-ils vers les vins de Cahors issus de cépage Malbec ?

mercredi 28 septembre 2011

Viticulture durable, "vins naturels" : la Californie est en marche !

En matière d’environnement, l’Etat de Californie se positionne sans conteste en leader au sein d’un pays qui se place au second rang des plus gros pollueurs de la planète. C’est ainsi le premier Etat signataire d’un accord datant de 2006 visant à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, se mettant ainsi en conformité avec le protocole de Kyoto auquel  les Etats-Unis ont refusé d’adhérer.

Comme nous avons pu le voir en matière de conditionnement, les alternatives ne manquent pas pour répondre à ces problématiques environnementales (Liège, synthétique, capsule à vis ? Le bouchon en question - Le vin se met en boîte ou en poche - Après le vin en box, le vin en Tetra Pak - Le vin en toute légèreté - Canette ou bouteille aluminium : le vin n'a peur de rien). Il en est de même tout au long de la chaîne de production.

Ainsi, depuis 2003, le Wine Institute et le California Association of Winegrape Growers ont développé un partenariat et créé le California Sustainable Winegrowing Alliance afin d’encourager les domaines viticoles de Californie à se tourner vers des pratiques vitivinicoles plus naturelles (227 pratiques sont intégrées à un cahier des charges) et ainsi réduire leurs impacts sur l’environnement. A ce jour, cette orientation concerne 68% de la superficie viticole de l’Etat et 62% de sa production de vin.
Au côté des programmes de certification biologiques (plus de 4 775 hectares certifiés en Californie par le National Organic Program) ou encore en biodynamie (environ 39 domaines certifiés Demeter USA en Californie) qui nous sont familiers, d'autres existent au niveau local.

Initié en 1999, mis en place dans le Comté de Napa en 2002 et élargi depuis aux Comtés de Sonoma, Mendocino  et Solano, le programme Fish Friendly Farming encourage les propriétés agricoles à la protection d'espèces en voie d'extinction ainsi qu'en matière de qualité de l’eau (109 domaines certifiés et engagés en Mendocino, Napa et Sonoma).
Dans sa continuité, le programme Napa Green Land rassemble 50 vignobles certifiés représentant plus de 7 689 hectares. Désireux d’aller plus loin, en 2007, Napa Green Winery s’est créé en se basant sur le programme Bay Area Green Business et rassemble 26 domaines certifiés.
En vallée centrale, Lodi fut la première région viticole de Californie à s’engager dans la voie du développement durable en instaurant ses propres règles. Le Lodi Rules for Sustainable Winegrowing représente ainsi plus 8 093 hectares certifiés.
Enfin, depuis 2008, dans le vignoble de Central Coast a été developpé le SIP (Sustainability in Practice) qui compte 60 domaines certifiés.


Wine Profile - Ferry Plaza Wine Merchant
A ces nombreuses initiatives, des évènements sont organisés afin  de sensibiliser les professionnels à ces démarches comme The Green Wine Summit mais aussi dans le but de promouvoir les vins naturels auprès du grand public comme la semaine des vins naturels à San Francisco. Des cavistes s’engagent également dans une démarche de transparence auprès de leurs clients, en distinguant les vins produits selon certaines pratiques, à l’image du Ferry Plaza Wine Merchant à San Francisco.


Aujourd’hui c’est un documentaire qui vient de voir le jour. Intitulé Wine From Here, il fait le portrait, au travers d’interviews, d’une nouvelle génération en quête de plus d’authenticité et engagée dans une viticulture respectueuse de l’environnement. Ces domaines se positionnent ainsi pour des vins de terroir en opposition aux vins technologiques, qualificatif souvent employé pour définir les vins américains. En voici un petit aperçu : 


Nous venons de voir que l'industrie du vin en Californie s'engage en faveur d'une viticulture durable et dans la production de vins plus naturels. Encore désorganisée, cette démarche répond à des attentes de consommateurs qui, en Californie peut être plus qu'ailleurs, y sont très sensibles. 

Parmi les participants, les leaders du marché se positionnent en tête, devons-nous y voir un réel engagement de leur part en faveur de l'environnement ou un moyen de disposer d'un argument commercial de plus afin de séduire une plus large cible ?

jeudi 22 septembre 2011

Des personnalités : force de l'industrie du vin outre-Atlantique

Au-delà des grandes périodes qui ont marquées son histoire, l’industrie du vin aux Etats-Unis et en Californie, en particulier, est aussi et surtout fortement liée à de nombreuses personnalités, qui très tôt ont reconnu son potentiel à devenir un acteur incontournable sur la scène internationale.

La démocratisation du vin par E & J Gallo Winery


Dès la fin de la période de prohibition (1920-1933), les frères Ernest et Julio Gallo s’établissent à Modesto, dans la vallée centrale de Californie, avec comme rêve : « une bouteille de Gallo sur chaque table ». Cette entreprise, au départ relativement modeste et dont la production de vins était, à l’époque, loin d’avoir une réputation de qualité, est devenue aujourd’hui un véritable empire. Numéro un mondial, sa philosophie est d'avoir : « un portefeuille de vins dans chaque catégorie de prix, de cépages, de styles, pour toucher la clientèle la plus large ». 
C’est aussi une des rares sociétés privées à investir autant dans la recherche, en s’intéressant particulièrement à l’analyse sensorielle et donc aux consommateurs, afin de développer des vins correspondant à leurs goûts et déceler les nouvelles tendances. 
A cette force s’ajoute la volonté de rester indépendant. Le géant est ainsi encore contrôlé à 100% par la famille dont la troisième génération, représentée par Gina Gallo, incarne le renouveau en matière de qualité des vins mais aussi la continuité du savoir-faire familial. 

Gallo résonne encore pour beaucoup avec vins bas de gamme alors que nombreux sont ceux qui apprécient des vins des marques du groupe sans même imaginer qu’ils en sont à l’origine…


Le concept des vins de cépages par Frank Shoonmaker

Critique et négociant américain, Frank Shoonmaker, joua un rôle aussi déterminant en introduisant et en encourageant, dans les années 1950, le concept de vins de cépages en Californie, alternative à la dénomination par l’origine géographique, préférée sur le continent européen. Les vins sont ainsi identifiés par le nom du ou des cépages dont ils sont issus et offrent aux consommateurs transparence mais aussi et surtout facilite leur choix. Ce concept, révolutionnaire à l’époque, a été repris dans d’autres pays du « Nouveau Monde » et fait aussi des envieux au sein même des pays traditionnellement producteurs. Ainsi, en 2009, la France a introduit la dénomination « Vin de France » afin de simplifier son offre en donnant la priorité aux marques, à la mention du ou des cépages tout en revendiquant l’origine France.


Le tourisme viticole et l’éducation du grand public au vin par Robert Mondavi

Au cours de l’année 1966, c’est un autre grand nom qui sort de l’ombre : Robert Mondavi. En désaccord avec sa vision, ses ambitions et ses méthodes avant-gardistes, son frère, Peter, l’exclut de l’entreprise familiale Charles Krug. C’est à ce moment qu’il décide de se lancer seul et de s’installer à Oakville, au cœur du vignoble de Napa, où il fit construire son domaine, à l’architecture inspirée des missions espagnoles, avec des chais à la pointe de la technologie. 

Il marqua ainsi l’histoire de la Californie en étant le premier à proposer des visites-dégustations ouvertes au public, des concerts et expositions d’artistes au domaine. Il introduit ainsi le concept d’oenotourisme, grande force du vignoble de Napa, aujourd’hui seconde destination touristique de Californie, après Disneyland !

En quête d’excellence, il effectua de nombreuses recherches aussi bien en viticulture qu’en œnologie et étudia, notamment, les effets liés à l’origine et à la chauffe des fûts sur le vieillissement des vins. 
Inventif, il fut à l’origine de l’introduction d’un nouveau vin sur le marché américain, le Fumé Blanc, résultat de l’élevage en fût d’un vin de Sauvignon Blanc, dans le but d’en adoucir les arômes qui peuvent être parfois agressifs. Celui-ci devint rapidement très populaire à tel point que cette dénomination est aujourd’hui un synonyme légalement approuvé pour cette variété.

Il développa également le mécénat avec la création du Robert Mondavi Institute for Wine and Food Science au sein de l’Université de Californie de Davis. Celui-ci consiste en un complexe universitaire de pointe comprenant trois bâtiments dont une winery certifiée  Platine LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Il s’agit de la première installation de ce type dans le monde.


Ce complexe a permis, notamment, de rassembler les départements de Science et Technologie Alimentaire et de Viticulture et Œnologie.

Il réalisa aussi de nombreux partenariats, dont celui avec le Baron Philippe de Rothschild, qui aboutit à la création de la joint venture Opus One en 1979, trois ans après  le Jugement de Paris qui révéla au monde que la Californie était aussi capable de produire de grands vins, au même titre que les pays traditionnellement producteurs. Cette grande dégustation a ainsi encouragé l’arrivée de nombreux européens, venus d’Allemagne, d’Italie ou  encore de France, qui ont vu dans cet Etat une terre de prédilection.

La Californie a certainement perdu un de ses grands Monsieur, décédé en 2008 à l’âge de 94 ans, mais qui malgré son rachat en 2005 par le groupe Constellation, n’oubliera jamais le nom. Il est inscrit depuis 2007 au Vintners Hall of Fame du Culinary Institute of America à St Helena ainsi qu’au California Hall of Fame du Musée de Californie de Sacramento.


Des créateurs de phénomènes

La force du marché américain réside également dans sa faculté à créer des phénomènes.

Parmi ceux qui ont marqué son histoire nous pouvons citer les frères John et Mario Trinchero qui en 1948 arrivent en vallée de Napa et rachètent le domaine Sutter Home. Plus de vingt-ans plus tard, suite à un arrêt accidentel de fermentation, ils deviennent les premiers à populariser les vins rosés sucrés produits à partir du cépage Zinfandel.

C’est la même histoire que connu Jess Jackson avec le cépage Chardonnay dans les années 1980 dont le sucré, les arômes toastés, vanillés et le crémeux, ont conquis le palais de nombreux consommateurs et fait des envieux auprès de producteurs qui se mirent à l’imiter.

Blackjack Ranch - Mai 2011


Plus récemment, le film Sideways, produit par Alexander Payne, sorti en 2004, fit chuter les ventes des vins de Merlot au bénéfice du Pinot Noir, cépage adulé par le premier rôle de ce long métrage très populaire, tourné dans le Comté de Santa Barbara, en Central Coast.



Aujourd’hui, les vins de Californie ont évolué vers des versions sec pour le rosé, tout comme pour le Chardonnay et d'autres vins de cépages qui délaissent le boisé à outrance
D’autres tendances sont nées depuis et presque paradoxalement vers d’autres cépages dont on apprécie la douceur comme le Moscato qui connaît  un tel succès que l’offre rencontre des difficultés à assouvir cette insatiable demande.

Le vin semble ici comparable à un phénomène de mode où on peut se demander quelle sera la prochaine variété en vogue.


Un guide : Robert Parker                                            

A un autre niveau, mais c’est également d’un phénomène dont il est question, le critique Robert Parker, que nous avons déjà abordé à plusieurs reprises, a su en quelques années s’imposer comme LE juge et LE guide pour des consommateurs en mal de repères. Le vin : une affaire de goûts ou de critiques, c’est bien là une question essentielle à l’heure où certains domaines ne souhaitent plus courir après les bonnes notes et laisser toute la liberté aux consommateurs d’avoir le dernier mot.


La nouvelle génération : Gary Vaynerchuk

Ce nom, très populaire outre-Atlantique, a révolutionné en quelques années seulement le monde du vin en le rendant accessible au travers des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Il se positionne en deuxième position des critiques de vin les plus influents aux Etats-Unis, créateur de winelibrary.com et Wine Library TV, ses chroniques ont fait le tour du monde.



Introduite par des personnalités charismatiques et visionnaires, la culture du vin aux Etats-Unis n’en est qu’à ses prémices. Après avoir observé et convoité les traditions des pays historiquement producteurs, on se met à faire de même et à envier leurs innovations et leur réactivité. Ils ont en effet prouvé qu’ils savent produire et vendre leurs vins, à base de cépages internationaux qu’ils ont su s’approprier. Ils commencent également à prendre conscience que la notion de terroir peut aussi s’appliquer au sein de leurs propres régions de production. Plutôt que de parler de rivalité « Nouveau »/« Vieux » monde, peut être serait-il plus constructif de parler de complémentarité ? 

Aujourd’hui, la jeune génération se met en place. Tout aussi entreprenante et passionnée, elle promet de continuer à révéler des talents !
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